Laurier Best Song – Winner du World Film Festival in Cannes pour « Faith in Love »

Récompensé au World Film Festival in Cannes lors de l’édition de décembre 2025 par le prix Best Song, Faith in Love est un clip musical écrit, réalisé et composé par Abdul Salim Lodhi, alias Captain Wisam, qui fait de l’intelligence artificielle un véritable partenaire de création. Rencontre.

Abdul Salim Lodhi (Captain Wisam), bienvenue dans les interviews du World Film Festival in Cannes. Merci de nous accorder cet entretien ! Entrons sans attendre dans le vif du sujet, si vous le voulez bien. Vous abordez d’un même geste les thèmes de la foi et de l’amour. Revisiter des valeurs universelles est une entreprise redoutable, et pourtant le résultat est magnifique. Combien de temps a demandé la réalisation de ce projet ?

Merci infiniment. C’est un honneur de prendre part à cet échange.
La création proprement dite de Faith in Love s’est déroulée en quelques jours intenses et au fil de nombreuses nuits blanches. Dès que l’idée s’est emparée de moi, je m’y suis plongé tout entier. J’ai passé d’innombrables heures à écrire les paroles, à créer les images, à peaufiner les scènes, à expérimenter avec la musique et à rechercher l’atmosphère émotionnelle exacte que je voulais atteindre.
Pourtant, si la production a été rapide, les émotions qui la portent se sont nourries d’années d’expérience. La chanson explore le chagrin d’amour, la trahison, la solitude, et ce moment douloureux où l’on commence à perdre foi en l’amour lui-même.
Je voulais que Faith in Love soit davantage une expérience émotionnelle qu’une chanson. Chaque parole, chaque image, chaque plan a été conçu pour exprimer ce sentiment : aimer quelqu’un de tout son être et découvrir que la personne en qui l’on avait le plus confiance est devenue la source de sa plus profonde douleur.
Le projet a été créé en quelques jours, mais les émotions dont il est fait se sont accumulées au fil des années.

Une femme en robe rouge, mains jointes, dans une bibliothèque voilée de fumée — « Faith in Love »
Pouvez-vous nous en dire davantage sur la manière dont l’amour s’est imposé comme thème ? Si ce n’est pas trop personnel, en quoi résonne-t-il en vous ?

L’amour est sans doute l’expérience humaine la plus universelle. Chacun, quels que soient sa langue, sa culture, sa religion ou son histoire, sait ce que signifie aimer, et ce que signifie perdre.
Ce qui m’intéressait, ce n’était pas le commencement de l’amour. La plupart des récits s’attachent au moment où l’on tombe amoureux. J’ai été fasciné par ce qui vient ensuite : quand la confiance est brisée, quand les attentes s’effondrent, et que l’on reste seul avec des souvenirs qui refusent de s’effacer.
Les paroles de Faith in Love explorent cette obscurité intérieure. Elles parlent de celui qui donne son cœur tout entier et découvre que son amour n’avait pas la même valeur aux yeux de l’autre.
La chanson est volontairement sombre, parce que le chagrin d’amour est sombre. Il n’apporte pas toujours de réponses, ni d’apaisement. Parfois, il nous laisse simplement douter de tout ce en quoi nous avions cru.
Je pense que c’est cette vulnérabilité qui permet à chacun de se reconnaître dans la chanson. La plupart d’entre nous ont connu, sous une forme ou une autre, ce sentiment.

Une femme en robe rouge sur une plage au clair de lune — « Faith in Love »
Quel est votre mode d’expression cinématographique de prédilection, et pourquoi ?

Je suis profondément attiré par une narration cinématographique qui réunit musique, images, atmosphère et émotion en une seule et même expérience.
Si je devais choisir, je privilégierais les films musicaux à l’esthétique cinématographique et l’animation, parce qu’ils permettent de rendre les émotions visibles. La musique parle directement au cœur, tandis que les images laissent des souvenirs durables dans la mémoire du public.
Mon style visuel est fortement influencé par l’art et le cinéma européens. En 2016, j’ai eu l’occasion de me rendre en France et de voyager à travers plusieurs régions d’Europe. Ces expériences m’ont durablement marqué.
L’architecture, les musées, la peinture, les rues chargées d’histoire et la culture artistique m’ont profondément inspiré. Les artistes européens possèdent un talent remarquable pour exprimer l’émotion par la lumière, les ombres, les palettes de couleurs, le symbolisme et l’atmosphère. Cette influence continue de façonner mon travail aujourd’hui.
Nombre des choix visuels de Faith in Love — l’ambiance sombre, la solitude, les tons sourds, les compositions cinématographiques, l’imagerie chargée d’émotion — sont nés de ces expériences.
Même lorsque j’utilise les outils d’IA les plus avancés, l’inspiration artistique vient souvent de l’art traditionnel, du cinéma et de la créativité humaine.
Pour moi, la technologie crée l’image, mais c’est l’art qui lui donne son sens.

Une femme seule devant un échiquier, face à son reflet dans un miroir — « Faith in Love »
La tessiture joue ici un rôle essentiel : la voix de votre chanteuse, au timbre légèrement rauque, est à la fois troublante et légère comme une plume. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

La voix de Faith in Love est en réalité une voix féminine synthétique, générée par IA.
Beaucoup de gens sont surpris de l’apprendre, car ils pensent qu’une interprétation chargée d’émotion ne peut venir que d’un chanteur humain. Mon approche était différente. Je ne cherchais pas une chanteuse. Je cherchais un sentiment.
Je voulais une voix fragile, obsédante, lointaine, brisée par l’émotion. Une voix qui semble porter en elle des souvenirs, des regrets et de la solitude.
L’atmosphère sombre et indie de la chanson a permis à cette voix de trouver sa place dans un univers très cinématographique. Leur association crée une impression onirique, belle et pourtant douloureuse.
Pour moi, la voix devient un personnage à part entière de l’histoire. Elle ne se contente pas de chanter les paroles : elle en porte tout le poids émotionnel.

Une femme en robe rouge, de dos, sur un balcon dans la brume au clair de lune — « Faith in Love »
Quelle a été la place de l’IA dans ce projet ? Cette question rejoint la précédente.

L’IA a joué un rôle important tout au long du projet — de l’interprétation vocale synthétique à la génération d’images, en passant par la création vidéo, le développement visuel et l’expérimentation cinématographique.
Je crois pourtant que l’on se trompe en pensant que l’IA crée de l’art par elle-même.
Mon expérience a été tout autre.
Derrière chaque image, chaque scène, chaque séquence et chaque choix visuel, il y a eu d’innombrables heures d’imagination, d’expérimentation, de retouches, d’échecs et de nuits blanches.
La technologie génère des images et des possibles.
L’artiste, lui, crée la vision.
Pour moi, les prompts ne sont pas des ordres.
Les prompts sont de petites histoires.
Chaque prompt contient une émotion, une atmosphère, un langage visuel, une symbolique, des indications de caméra, un éclairage et une intention narrative. À bien des égards, écrire des prompts s’apparente à la mise en scène d’un film.
Je suis créatif depuis l’enfance. J’aimais écrire des histoires, dessiner, peindre et donner forme à mon imagination. La difficulté n’a jamais été la créativité. La difficulté, c’étaient les moyens.
Le cinéma traditionnel exige souvent des budgets importants, des équipes, du matériel, des acteurs et des structures de production. En tant qu’artiste indépendant, nombre de mes idées sont restées prisonnières de mes carnets et de mon imagination, simplement parce que je n’avais pas les moyens de leur donner vie.
L’IA a changé cela.
Pour la première fois, j’ai pu transformer mon écriture, mon imaginaire visuel et ma narration cinématographique en œuvres artistiques abouties, que le public peut réellement vivre.
Je ne vois pas l’IA comme un substitut aux artistes.
Je la vois comme un moyen d’élargir leurs possibilités de création.
De même que la photographie a élargi l’horizon de la peinture et que le numérique a élargi celui du cinéma, l’IA élargit le champ de ce que les créateurs indépendants peuvent accomplir.

Une jeune femme pensive dans un bar baigné de lumières rouges — « Faith in Love »
Quelle part de votre vie personnelle insufflez-vous à votre art ? Comment conciliez-vous vie personnelle et vie professionnelle ? Ou tout cela n’est-il qu’une illusion, tandis que le chaos est à l’œuvre ?

La créativité fait partie de ma vie aussi loin que remontent mes souvenirs.
Depuis l’enfance, j’aime écrire des histoires, dessiner, peindre, imaginer des mondes et créer à partir de rien. Cet instinct créatif ne m’a jamais quitté, même lorsque je bâtissais une carrière dans la technologie.
Aujourd’hui, je suis architecte logiciel. Ma vie professionnelle repose sur la logique, les systèmes, l’ingénierie et la résolution de problèmes. Mais il y a toujours eu une autre facette en moi — un conteur qui voulait créer de la musique, des films et des expériences visuelles.
Pendant de nombreuses années, ces deux mondes ont coexisté sans se rencontrer.
L’IA est devenue, de façon inattendue, le pont entre eux.
Elle a enfin permis à l’ingénieur et à l’artiste qui sont en moi de travailler ensemble.
Si Faith in Love n’est pas à proprement parler une autobiographie, les émotions qu’elle contient sont authentiques. Les observations, la vulnérabilité, les questions sur la confiance, la perte et le lien humain naissent toutes d’expériences et de réflexions bien réelles.
Quant à l’équilibre, j’ai parfois l’impression que tout est bien organisé, et parfois de vivre dans un magnifique chaos.
Mais je crois que la créativité naît souvent de cet espace entre la logique et l’émotion.
C’est là que je crée.

Une femme en robe rouge entre les rayonnages d’une bibliothèque envahie de fumée — « Faith in Love »
Pouvez-vous parler à notre public de vos projets artistiques à venir ?

Je crois que nous assistons à l’aube d’une nouvelle ère du récit.
Si je suis aujourd’hui connu comme auteur-compositeur et cinéaste, je viens aussi du monde de la technologie, avec près de 18 ans d’expérience professionnelle comme architecte logiciel. Toute ma vie, j’ai été fasciné à parts égales par l’art et par la science.
Parallèlement à la musique et au cinéma, j’ai toujours nourri un profond intérêt pour la technologie, l’innovation, l’exploration spatiale, les mystères de l’univers et la possibilité d’une vie au-delà de la Terre. Ces sujets m’inspirent depuis l’enfance et continuent de nourrir mon imagination.
Beaucoup de mes futurs projets continueront d’explorer des émotions humaines telles que l’amour, la perte, l’espoir et l’identité. Mais je souhaite aussi m’ouvrir à des récits cinématographiques plus vastes, mêlant science, technologie, exploration spatiale, civilisations futuristes, intelligence artificielle et avenir de l’humanité au-delà de la Terre.
En tant que fondateur de BYNDMARS, ma vision à long terme est de créer des films et des expériences cinématographiques qui réunissent l’art, la science, l’imagination et la technologie. Je m’intéresse tout particulièrement aux récits de voyages spatiaux, de vie extraterrestre, de mondes lointains, d’innovation humaine, et aux défis que l’humanité pourrait rencontrer en s’aventurant au-delà de sa planète.
Pour moi, la science et l’art ne s’opposent pas. Ce sont deux manières différentes d’explorer une même question :
Qui sommes-nous, et qu’y a-t-il au-delà de l’horizon ?
Mon but n’est pas simplement de produire du contenu.
Mon but est de créer des histoires qui incitent chacun à ressentir, à rêver, à s’interroger et à imaginer des possibles qui n’existent pas encore.
La technologie continuera d’évoluer. Les outils continueront de changer.
Mais la curiosité, elle, est intemporelle.
Et c’est cette curiosité — pour l’amour, l’humanité, la science et l’univers — que je continuerai d’explorer à travers mon art.

Une femme en robe rouge flottant sous l’eau, bras ouverts — « Faith in Love »
Quelle est votre vision du cinéma post-Covid ?

Le cinéma post-Covid devient plus intime et davantage centré sur l’émotion, à mesure que le public regarde de plus en plus de films sur des appareils mobiles et sur les réseaux sociaux. Cette évolution a ouvert une nouvelle ère, celle d’un cinéma diffusé via des applications, où les courts métrages et les récits sont adaptés aux petits écrans et aux habitudes d’attention du public sur les supports numériques.
L’IA et les créateurs de contenu qui s’en emparent prennent une place importante dans cet avenir. Les outils d’IA accompagnent désormais les cinéastes pour la musique, l’image, le montage et la narration, et permettent à davantage de créateurs d’exprimer leurs idées sans les obstacles traditionnels. Je crois que le cinéma de demain mêlera technologie, plateformes sociales et émotion humaine — l’IA y enrichira la créativité, mais un récit authentique restera au cœur de chaque film.
Je tiens également à exprimer ma gratitude à Karolina Bomba pour sa vision et son soutien, ainsi qu’au World Film Festival in Cannes pour avoir récompensé Faith in Love. La France est une source d’inspiration majeure pour mon cinéma depuis ma première visite en 2016, et elle continue d’accompagner mon parcours créatif.

Une femme en robe rouge assise près d’un feu, devant des montagnes enneigées — « Faith in Love »

BIO

Biographie de Abdul Salim Lodhi

« Pour moi, la technologie crée l’image, mais c’est l’art qui lui donne son sens. »

Abdul Salim Lodhi (nom d’artiste : Captain Wisam) est un artiste, cinéaste et auteur-compositeur reconnu pour ses récits de science-fiction et d’anticipation d’une grande force émotionnelle. Son œuvre explore la condition humaine par l’imagination, l’émotion et la narration cinématographique, mêlant le réel au surréel pour créer des expériences visuelles immersives.
Directeur de création IA, Captain Wisam fait de la technologie de pointe et de l’IA un médium pour bâtir des univers cinématographiques — transformant idées, poèmes et chansons en réalités visuelles saisissantes. Il écrit des chansons originales multilingues, principalement en hindi, qu’il adapte ensuite en anglais et dans d’autres langues, faisant de l’IA une collaboratrice qui amplifie l’impact émotionnel tout en préservant la paternité artistique de l’œuvre.
Ses films et ses clips se distinguent par une forte intensité émotionnelle, une esthétique cinématographique affirmée et une narration riche. Leurs récits se déroulent souvent dans l’espace, dans des mondes futuristes ou dans des réalités façonnées par la technologie. Animé d’une profonde passion pour le comportement humain, les émotions et les récits visuels puissants, Captain Wisam crée un art qui parle au cœur tout en repoussant les limites du cinéma contemporain.

Filmographie

Faith in Love — Court métrage musical (anglais)
Rôles : scénariste • réalisateur • compositeur
Récompenses et sélections :
• World Film Festival in Cannes – Winner (Best Song)
• Athens International Monthly Art Film Festival – Honorable Mention
• Miami Art Tech Summit – Official Selection
• Asian Talent International Film Festival – Winner
GUZARA — Court métrage musical d’animation (hindi)
Rôles : scénariste • réalisateur • producteur
Récompenses et sélections :
• Global Independent Film Festival of India – Award Winner
• Jaipur International Film Festival – Nominee
• Bollywood Hollywood Film Festival – Official Selection
DECISION (2026) — Court métrage | Récit IA | 7 min 23 s
Rôles : scénariste • réalisateur • artiste visuel IA • monteur (seul)
Synopsis : un court métrage porté par un message de paix, qui invite l’humanité à renoncer à la guerre, à accueillir la sérénité et la joie, et à renouer avec la vie à travers l’univers et les galaxies.

Interview : Isabelle Rouault-Röhlich

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