Laurier Best Sports Film, World Film Festival in Cannes, mars 2026

Récompensé au World Film Festival in Cannes lors de l’édition de mars 2026 par le prix Best Sports Film, Jota Racing Challenge est signé Jonathan Neves, Bruno Cassetari et Matheus Mathos Pio. Le film transforme un événement de sport automobile en spectacle de cinéma : plus de cinq cents drones au-dessus d’une piste, une voiture de drift lancée dans la fumée, une chanteuse au centre d’un ring de boxe, une pyrotechnie de stade — le tout capté en direct, en une seule prise, sans droit à l’erreur. Rencontre avec Jonathan Neves, réalisateur, producteur exécutif et pilote du film.

La mise en scène de la chanteuse au cœur d’un ring de boxe constitue une métaphore visuelle saisissante qui instaure immédiatement une atmosphère de combat et de gladiateurs. Quelle était votre vision créative en associant l’esthétique d’un concert live, des sports de combat et du drift professionnel au sein d’un même univers cinématographique ?

Dès le départ, je n’ai jamais voulu créer un simple championnat de drift ni un banal événement automobile. Mon objectif était de transformer le sport automobile en une expérience artistique, capable d’émouvoir même ceux qui n’avaient jamais regardé une course, et d’attirer des publics de tous horizons, de tous âges et de tous genres — et c’est exactement ce que nous avons réussi !

Mon idée était de faire quelque chose dont tout le monde douterait, quelque chose que l’on dirait impossible à réaliser : sortir entièrement des standards établis par les grandes entreprises et par le goût du public mondial, créer un événement véritablement inédit, un spectacle à ciel ouvert et non une simple course.

Le ring symbolise le combat que mène chaque pilote. Avant d’affronter un adversaire, il lui faut surmonter ses propres peurs, ses insécurités et ses limites. La musique représente l’émotion, la boxe représente la lutte, et le drift représente la liberté d’expression par la conduite.

En réunissant ces éléments, nous avons compris qu’ils racontaient tous exactement la même histoire : celle de gens qui ont consacré leur vie à poursuivre un rêve, tout en sachant les sacrifices qu’exige un tel chemin.

La voiture de drift n° 87 de Jonathan Neves devant la scène illuminée du Desafio Jota Racing
La chanteuse Amora interprète la bande originale du film au centre d’un ring de boxe
Les paroles de la chanson suggèrent une connexion profonde entre le pilote, la machine et son environnement, invitant le spectateur à « laisser la piste trouver sa propre voix ». Comment avez-vous collaboré avec les artistes musicaux afin que la musique ne se contente pas d’accompagner les images, mais qu’elle raconte véritablement l’expérience émotionnelle et physique de ce sport ?

J’ai toujours considéré la musique comme un personnage du film, et non comme une simple bande sonore.

J’ai écrit les paroles moi-même et, pendant trois mois, je n’ai cessé de les affiner : je voulais transcrire toutes les sensations qu’éprouve un pilote lorsqu’il monte dans la voiture, ferme sa visière et accélère. J’ai beaucoup dialogué avec moi-même, la nuit, pour que ces paroles traduisent ce qu’un pilote ressent réellement en entrant sur la piste : un mélange de peur, d’adrénaline, de concentration, de liberté et de dépassement de soi — quelque chose de directement lié au pilote, comme les traces qu’il laisse sur l’asphalte, qui ne viennent pas seulement des pneus mais de toute une histoire portée jusqu’à cet instant. Les paroles adressent aussi un message au public, un message caché de foi : chaque personne a une vocation particulière, qui n’appartient qu’à elle !

Est venu ensuite le moment de réunir les artistes : la chanteuse Amora, très connue dans notre région, et tous les instrumentistes, choisis un à un, volontairement issus de notre ville et de notre région, pour mettre en valeur notre État.

Puis vint la partie la plus réjouissante : le studio, la collaboration avec tous les artistes, écouter chacun enregistrer sa partie, chanter, demander des ajustements, écouter, réécouter, réenregistrer. Nous sommes arrivés au studio à 8 heures du matin et en sommes repartis à 3 heures, la chanson entièrement enregistrée et enrichie au fil de mes écoutes, avec de petits détails suggérés en chemin — comme les initiales DJR (Desafio Jota Racing) en morse qui, après tout, s’écrivent avec des points, exactement comme une partition. Lorsque j’y ai pensé, nous les avons transcrites en morse et demandé au violoniste Leo de les jouer pour voir ce que cela donnerait : le résultat était si beau que nous l’avons placé dans une section isolée du morceau ! Une journée incroyable, que nous avons d’ailleurs entièrement filmée sous forme de documentaire, disponible sur notre chaîne !

À bien des moments, c’est précisément la musique qui a guidé le montage du film, mais aussi l’événement lui-même. Les images se sont mises à respirer au rythme de la chanson, faisant de chaque virage, de chaque nuage de fumée et de chaque accélération un fragment d’un même récit émotionnel.

Notre intention n’était pas que le public regarde le drift, mais qu’il puisse ressentir ce que l’on éprouve à l’intérieur de la voiture — et nous y sommes parvenus : à la fin, des milliers de personnes pleuraient, bouleversées par ce qu’elles venaient de voir !

Le violoniste Leo, masqué, enregistre sa partie de la bande originale de Jota Racing Challenge
Filmer des sports mécaniques à grande vitesse, de nuit, représente un véritable défi. Pourtant, la photographie du film se distingue par une atmosphère particulièrement immersive, jouant avec les ombres, les éclairages néon et les effets pyrotechniques. Pouvez-vous nous expliquer votre approche visuelle en matière d’éclairage et de cadrage pour transformer cette action brute en une expérience à la fois poétique et parfaitement maîtrisée ?

La nuit n’a jamais été une contrainte pour nous : elle faisait partie de l’identité visuelle que nous avions imaginée dès le départ. J’ai toujours vu le drift comme un spectacle qui donne des frissons à quiconque y assiste en vrai, tant c’est exaltant — mais j’y vois aussi une matière cinématographique exceptionnelle.

La fumée des pneus, les phares, les projecteurs, le feu et les néons créaient une atmosphère presque irréelle, où le sport automobile suffit à produire de lui-même l’environnement parfait — un environnement sans fond vert, si réel qu’une captation au téléphone impressionnerait encore. Alors, le faire avec du matériel de premier plan, comme le Porsche Cayenne qui a précisément servi au tournage de Fast and Furious au Brésil, a été relativement simple !

Le vrai problème, c’était : une seule prise ! Ce fut extrêmement éprouvant : les drones ne disposaient que d’une unique fenêtre de temps, pendant l’événement, pour offrir leur performance au public. Pilote moi-même, je ne pouvais pas me tromper d’un instant, et l’équipe caméra encore moins : la moindre erreur nous faisait perdre le spectacle et, du même coup, les images !

L’ambiance était donc extrêmement tendue, mais une fois tout exécuté avec succès, le stress s’est mué en émotion devant ce que nous venions d’accomplir : le premier tournage au monde réunissant plus de 500 drones au-dessus d’une piste, avec une voiture de drift et des effets visuels en direct !

Une voiture de drift rouge glisse dans un nuage de fumée devant les tribunes du Desafio Jota Racing
Deux voitures de drift côte à côte, phares allumés, pendant le tournage nocturne
L’intégration du spectacle de drones lumineux — notamment cette immense horloge et ce compteur de vitesse dessinés dans le ciel — apporte au film une dimension futuriste et presque surréaliste. Quels ont été les principaux défis artistiques et logistiques pour synchroniser cette technologie avec les performances de drift en direct et l’interprétation musicale ?

Ce fut sans doute l’un des plus grands défis de toute la production.

Il nous fallait synchroniser environ 500 personnes travaillant sur l’événement et une structure gigantesque, tout en coordonnant le pilote, l’équipe drones, l’équipe effets spéciaux, les lumières, les caméras, la musique et le public — le tout en direct, sans droit à l’erreur et, comme je l’ai dit, avec une seule chance ! Il s’agissait d’un événement, le Desafio Jota Racing, qui se déroulait en direct, et non d’un tournage que l’on pouvait fractionner ou recommencer en cas de faux pas.

Mais comme personne ne l’avait jamais fait à cette échelle dans le monde, nous savions que ce ne serait pas facile !

Sur le plan artistique, le défi était plus grand encore : nous voulions que la technologie fasse sens dans le récit. L’horloge symbolise le temps, car tout pilote sait que chaque seconde peut changer son histoire. Le compteur de vitesse et son compte-tours incarnent la passion de la vitesse et la quête permanente du dépassement, en lien avec le départ et avec les drones suivant les voitures.

Ces éléments ont contribué à transformer l’événement en quelque chose qui dépasse le sport et entre dans le domaine du cinéma.

La ligne de départ du Desafio Jota Racing encadrée de colonnes de flammes
Le montage joue un rôle essentiel dans la transmission de l’adrénaline propre à la compétition tout en respectant le rythme de la musique. Comment avez-vous construit le rythme du film en salle de montage afin de trouver l’équilibre entre l’énergie explosive des voitures et la présence de la chanteuse comme fil conducteur de la narration ?

Nous avons rencontré plusieurs difficultés : nous voulions réaliser un clip officiel de la chanson à partir des images de l’événement, au standard international, capable de remporter des prix, mais nous devions en même temps intégrer des images de différents moments de l’événement, afin de montrer l’ensemble et pas seulement le spectacle de drones. Cela finit par entrer en conflit au montage et complique le travail.

Par ailleurs, comme tout s’est joué en une seule prise, une tentative unique, nous nous sommes retrouvés avec une quantité colossale de rushes : tout recevoir, tout revoir et tout dérusher fut un autre défi de taille — beaucoup de très bonnes images et, hélas, beaucoup d’inutilisables, mais à ce stade nous avons toujours préféré pécher par excès.

Au montage, nous avons essayé de penser comme si nous dirigions un orchestre. Il y a des moments où les voitures doivent être les protagonistes, d’autres où la musique prend entièrement ce rôle, d’autres encore où c’est le public — et ainsi de suite. Nous ne voulions pas nous contenter de coupes rapides pour suggérer la vitesse.

Chaque transition a été construite pour que l’émotion, l’image et la musique grandissent ensemble. Lorsque tout fonctionne en harmonie, le spectateur cesse de remarquer le montage et se met simplement à ressentir l’intensité de l’expérience.

En tant que directeur de création, mais aussi producteur exécutif et cascadeur sur ce projet, j’ai demandé d’innombrables modifications jusqu’à obtenir le résultat que je jugeais parfait — et une fois arrivé là, j’ai été pleinement satisfait.

Effets pyrotechniques et jets de flammes au-dessus de la piste du Desafio Jota Racing
Une horloge géante dessinée par des drones dans le ciel nocturne au-dessus du circuit
En tant que réalisateur, vous avez réussi à transformer un événement de sport automobile en ce que le film décrit comme un véritable « spectacle de feu et de rêves ». Quel est le message ou l’émotion que vous espérez transmettre au public, qu’il s’agisse de passionnés de sports mécaniques ou tout simplement d’amoureux du cinéma ?

J’espère que les gens comprendront que Jota Racing Challenge n’a jamais été seulement une histoire de voitures.

C’est l’histoire de personnes qui ont décidé de croire en quelque chose de plus grand qu’elles. D’hommes et de femmes qui affrontent leurs peurs, consacrent des années de leur vie à se dépasser et continuent d’accélérer même lorsque tout semble impossible.

Le feu représente la passion qui nous anime. La fumée, les épreuves rencontrées en chemin. Et les rêves, ce qui nous pousse à avancer — ce que je considère comme le carburant principal de ma vie.

Si, à la fin du film, quelqu’un repart en croyant un peu plus en ses propres rêves, alors nous aurons atteint notre véritable objectif. Car au-delà de la vitesse, nous voulions montrer que le courage de poursuivre un rêve peut être la plus grande des victoires.

Le spectacle de plus de 500 drones survolant la piste du Desafio Jota Racing
Quelle est votre vision du cinéma de l’après-Covid ?

La pandémie a profondément changé notre manière de vivre le divertissement. Je crois que le public accorde aujourd’hui plus de valeur que jamais aux histoires authentiques et aux productions capables de créer de véritables liens émotionnels.

Dans le même temps, la technologie a rendu la fabrication d’un film bien plus accessible aux créateurs indépendants. Il est aujourd’hui possible de produire des films de grande qualité avec des équipes réduites, d’atteindre des festivals internationaux et de toucher directement le public via les plateformes numériques.

Je crois que l’avenir du cinéma sera de plus en plus divers. Si les grands studios continueront de produire des blockbusters à grande échelle, les cinéastes indépendants joueront un rôle croissant en apportant au public du monde entier des histoires originales et des regards singuliers.

Je pense aussi que l’intelligence artificielle sera l’une des plus grandes transformations de l’industrie du cinéma. Elle permettra aux cinéastes indépendants de réaliser des productions de meilleure qualité pour des budgets nettement inférieurs, démocratisant la création et ouvrant des perspectives à une nouvelle génération de conteurs.

Pour moi, le cinéma restera toujours l’un des moyens les plus puissants dont dispose l’humanité pour relier les êtres par l’émotion.

Les mots « Desafio Jota Racing » tracés par des drones au-dessus du circuit
Jonathan Neves en combinaison Jota Racing sur le tournage de Jota Racing Challenge

BIO

Biographie de Jonathan Neves

« Jota Racing Challenge n’a jamais été seulement une histoire de voitures. »

Je m’appelle Jonathan Fernando Cristovão Neves. Je suis un entrepreneur brésilien, pilote de drift professionnel, producteur exécutif, auteur et directeur de création.

Depuis plus de vingt ans, je mène de front ma carrière d’entrepreneur et ma passion pour le sport automobile. En 2014, j’ai eu l’honneur de devenir le premier champion de drift du Brésil, avant de représenter mon pays dans les plus grandes compétitions mondiales de la discipline. En 2016, je me suis classé parmi les six meilleurs pilotes de drift au monde, face à plus de 200 concurrents, lors de l’unique championnat du monde de drift jamais organisé, dont les manches se sont tenues au Japon, en Thaïlande, en Europe, à Dubaï et dans d’autres pays.

Porté par ma passion pour le sport automobile et le cinéma, j’ai fondé Jota Racing Challenge, un projet qui associe sport, divertissement et cinéma. Grâce à lui, j’ai transformé ma passion pour l’action automobile en productions cinématographiques, tout en créant des expériences de divertissement live à grande échelle.

L’un des plus grands jalons de ma carrière a été la production du Jota Racing Challenge, reconnu comme le plus grand spectacle de sport automobile jamais organisé en Amérique latine. L’événement a réuni plus de 5 000 spectateurs, généré plus de 5 millions de reais de retombées économiques pour la communauté locale et proposé une combinaison inédite de sport automobile, de musique live, de pyrotechnie, de drones et de production cinématographique.

L’une des productions dont je suis le plus fier est une course-poursuite en drift filmée sur la légendaire Serra do Rio do Rastro, l’une des routes de montagne les plus exigeantes et les plus emblématiques au monde. Nous avons utilisé de véritables hélicoptères pour les prises de vues aériennes, à une époque où les drones n’étaient pas encore employés sur des productions de cette ampleur.

J’ai également produit un projet en partenariat avec NASCAR Brasil, nommé aux International Motor Film Awards, l’une des récompenses les plus prestigieuses au monde consacrées au film automobile.

Ma dernière production, Jota Racing Challenge – Official Music Video, comporte une séquence inédite réunissant plus de 500 drones en vol aux côtés d’une voiture en drift, mêlant photographie cinématographique, effets visuels et performances pyrotechniques spectaculaires sur la bande originale de l’événement. Elle a été sélectionnée et primée dans des festivals aux États-Unis, en France, au Royaume-Uni, en Italie, en Grèce et dans plusieurs autres pays.

Aujourd’hui, je continue d’écrire des livres tout en développant des projets de films consacrés à des histoires de persévérance, de foi, de famille, de sport automobile et, surtout, de divertissement à forte dose d’action. Parmi mes ouvrages, celui qui me tient le plus à cœur est One-Way Ticket (Passagem Só de Ida), vendu à des milliers d’exemplaires au Brésil, qui partage avec ses lecteurs une histoire de persévérance et de transformation.

Filmographie

Jota Racing Challenge – Official Music Video (2026) — scénariste, directeur de création, producteur exécutif et cascadeur.
Descontrole (en production) — producteur exécutif, acteur et cascadeur.
NASCAR at Jota Racing Challenge (2023) — producteur exécutif, acteur et cascadeur.
Drift Police vs. Street Drifter (2014) — réalisateur, producteur exécutif, acteur et cascadeur.
Diverses productions institutionnelles et audiovisuelles liées au Jota Racing Challenge.

Portrait de Jonathan Neves, réalisateur de Jota Racing Challenge
Liens officiels

Site officiel : desafiojotaracing.com.br
Site du livre : passagemsodeida.com.br
Instagram : @jjdriftsc
YouTube : Jonathan Neves JJ – JJDriftsc

Interview : Isabelle Rouault-Röhlich

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