Laurier du World Film Festival in Cannes — Best Historical Film, Winner, pour Skirites the Elite Force of King Leonidas.

Récompensé au World Film Festival in Cannes lors du Gala Annuel 2026 par le prix Best Historical Film, Skirites the Elite Force of King Leonidas est le documentaire de Spiros George Fren consacré à un raid commando spartiate resté dans l’ombre de la bataille des Thermopyles. Rencontre.

Spiros George Fren, bienvenue dans les interviews du World Film Festival in Cannes. Merci d’avoir accepté de nous parler ! Avant toute chose, une question qui nous tient à cœur : pourquoi ce sujet de documentaire ? Racontez-nous-en davantage, je vous prie.

Merci beaucoup. Je suis moi aussi profondément honoré de l’occasion qui m’est donnée de partager cet entretien avec vous, d’autant plus après avoir reçu cette grande récompense au World Film Festival in Cannes, un festival qui réunit des créateurs du monde entier.

Un grand merci également à Karolina Bomba, à son équipe et au jury de m’avoir offert, à moi et à mes collaborateurs, l’occasion de faire de notre rêve une réalité. Cannes est, après tout, synonyme du mot « rêve » pour tout créateur, artiste, réalisateur ou producteur.

Je réponds à présent à votre première question.

J’ai choisi ce sujet parce qu’il concerne un événement unique, resté pendant de longues années dans l’ombre de l’histoire de mon pays, la Grèce, mais aussi dans l’ombre du grand récit historique mondial.

Pendant des siècles, il est demeuré dans l’ombre de la bataille des Thermopyles, avec seulement quelques mentions éparses sur les réseaux sociaux d’aujourd’hui et ailleurs, mais jamais, jusqu’à présent, sous la forme d’un documentaire complet.

C’est pourquoi beaucoup de gens, y compris des enseignants dans les écoles grecques, l’ignoraient encore.

Et bien que l’issue de cette opération commando n’ait finalement pas été un succès — les Skirites ne sont pas parvenus à assassiner Xerxès, roi de Perse, et donc à changer le cours de l’histoire —, elle demeure une opération militaire extraordinaire et stupéfiante, même selon les standards d’aujourd’hui.

Elle démontre par ailleurs, une fois encore, que la grande vision stratégique et les talents du roi Léonidas ne se limitaient pas au champ de bataille lui-même, mais s’étendaient bien au-delà.

Après avoir été trahi par Éphialtès, Léonidas allait affronter son destin et, en quelque sorte, « attaquer » sa propre destinée. Il le ferait au moyen d’une stratégie, l’opération commando nocturne, qui allait ensuite évoluer en l’une des formes de guerre les plus dynamiques et l’un des éléments les plus déterminants de la stratégie militaire pour toute armée.

Pour moi, ce fut également un défi de mise en scène majeur. Grâce aux recherches scientifiques et historiques correspondantes, j’ai mené ce projet avec un immense respect, en suivant notamment les conseils de mon conseiller scientifique, l’archéologue et historien Spyros Baka.

Notre objectif était de porter à l’écran une histoire véritablement unique. Cependant, disposant de très peu de sources écrites, il nous a fallu procéder avec le plus grand soin, la plus grande attention et le plus grand respect des faits.

Et à en juger par les retours reçus de la communauté scientifique internationale quant à la crédibilité historique du documentaire et à la rigueur avec laquelle cette histoire a été portée à l’écran, je crois que tous ces efforts en valaient vraiment la peine.

Photos de tournage du documentaire « Skirites the Elite Force of King Leonidas »
En ce moment, le monde du cinéma s’enthousiasme pour L’Odyssée de Christopher Nolan. Quel regard portez-vous sur cette épopée et sur la manière dont l’histoire d’Ulysse y a été adaptée ? Et une question plus directe : quelle importance revêt aujourd’hui le roi Léonidas dans l’imaginaire collectif grec ?

Venons-en à présent à votre deuxième question : est-il vraiment exact que le public, les spectateurs, sont ceux qui déterminent en dernier ressort si une œuvre sera reconnue ou non ? Cela est certainement vrai lorsqu’il s’agit de billetterie et de succès commercial. Mais le succès est un mot aux dimensions multiples.

L’une de ces dimensions, s’agissant de L’Odyssée et, plus généralement, de toute grande production, est toujours, avant tout, le paramètre financier. Cela ne signifie pas nécessairement le succès en soi, mais entre les mains d’un très bon cinéaste comme Christopher Nolan, ce paramètre compte assurément.

À partir de là, cependant, c’est au cinéaste qu’il revient de déterminer comment porter une épopée aussi monumentale au grand écran.

Je crois que, si le résultat témoigne d’une approche très dynamique et, sur le plan esthétique, assez belle, il subsiste néanmoins certaines lacunes dans la manière dont la profonde dimension homérique et l’identité grecque de l’œuvre ont été transposées à l’écran.

Et comme je ne m’exclus pas moi-même de ce type d’approches audacieuses et de risques cinématographiques, je répondrai directement à votre question : je crois que la chimie entre le créateur et l’histoire, l’identité culturelle d’un pays, doit être profondément connectée.

Par exemple, je ne ferais jamais de documentaire sur les samouraïs, aussi prestigieuse ou flatteuse une telle proposition puisse-t-elle être. Pourquoi ? Parce que je n’en serais tout simplement pas capable. Rien ne me permettrait de vraiment ressentir ou de pleinement comprendre la profondeur et la portée culturelle que cette part de l’histoire porte en elle, depuis la perspective d’un créateur japonais.

Oui, je pourrais la percevoir, la comprendre, et même en apprécier l’ampleur. Mais je ne pourrais jamais la restituer avec la même profondeur. Je ne pourrais jamais créer ce que j’ai pu créer avec les Skirites, une histoire née d’un lien émotionnel profond, quelque chose que je ressens et avec lequel je coexiste comme une petite pièce de la mosaïque infinie qui constitue ma propre identité culturelle grecque.

Quant au roi Léonidas, il demeure l’un des plus grands modèles militaires, non seulement pour les Grecs, mais aussi pour de nombreuses autres nations, en particulier dans le monde occidental. Il nous rend fiers et nous inspire à rester fidèles aux valeurs et aux idéaux pour lesquels ces hommes se sont sacrifiés, pour nous tous.

C’est une relation qui, après tout, résonnera pour l’éternité. Le monument des Thermopyles ne se contente pas de rapporter ce qui s’est passé. Son inscription célèbre résume, en cinq lignes à peine, un pacte éternel entre les Grecs :

« Passant, va dire à Lacédémone que nous gisons ici, obéissants à ses lois. »

Seulement, à mon sens, lorsque nous lisons le mot « Lacédémoniens », nous devrions le comprendre dans un sens beaucoup plus large et intemporel. Nous devrions y voir une référence à tous les Grecs, et en réalité à tous les peuples qui croient aux mêmes idéaux et aux mêmes valeurs.

C’est là, pour moi, la véritable signification du roi Léonidas pour nous tous.

Comédien en costume de guerrier spartiate sur le tournage de « Skirites the Elite Force of King Leonidas »
1 200 navires de guerre, un million de fantassins venus de 46 nations, partant au combat en sachant la vanité du sacrifice et l’issue inévitable. Voilà qui donne matière à réflexion en 2026. Pouvez-vous nous dire quand a été établi que les Skirites furent les toutes premières « forces spéciales » de l’armée spartiate, dès 418 avant J.-C. ? Que nous apprend cela face à l’actualité du monde ?

Je commencerai par un mot que vous avez employé dans votre question, un mot qui, en apparence, sonne triste, voire tragique. Mais lorsqu’on le regarde bien en face, on peut le transformer en épopée. Ce mot, c’est « vanité ».

La réalité lui confère effectivement cette dimension tragique : 1 200 navires de guerre et près d’un million de fantassins. Et pourtant, Léonidas les a regardés droit dans les yeux avec ses 300 hommes et leur a répondu par un autre mot : « devoir ».

Et par ce mot, il a effacé la vanité de l’âme des 300, et il est resté.

Même après la trahison, et alors que tout jouait contre lui, même avec Xerxès lui-même absent de la scène pendant le raid nocturne des Skirites, Léonidas est resté.

Le devoir au-dessus de la vanité.

Ce devoir est resté, et aujourd’hui le monde entier continue d’en parler et de s’en inspirer. Même dans la défaite, le devoir est devenu un acte, et il a, une fois pour toutes, effacé la vanité.

L’héritage de cette grandeur perdurera pour l’éternité, car rien n’est plus important que sa patrie.

Quant aux Skirites en tant que forces spéciales de Sparte, comme je l’évoque dans mon documentaire, nous ne disposons pas d’une abondance de sources. Ce que nous savons avec certitude provient de textes grecs anciens des Vᵉ et IVᵉ siècles avant J.-C.

Plus précisément, l’historien Thucydide, dans ses Histoires, et l’écrivain et chef militaire Xénophon, dans La Constitution des Lacédémoniens et les Helléniques, ainsi que, plus tard, Diodore de Sicile, décrivent le rôle des Skirites comme une garde avancée et une force d’élite opérant aux côtés du roi.

Diodore de Sicile, dans son œuvre monumentale la Bibliothèque historique, évoque de façon assez précise le rôle des Skirites, confirmant leur réputation de force d’élite capable d’intervention rapide et d’action de frappe.

Il nous apprend que la compagnie dite « des Skirites » des Spartiates ne se déployait pas aux côtés de l’armée principale.

Par ailleurs, selon d’autres interprétations historiques des récits de Diodore, lors de la célèbre bataille des Thermopyles en 480 avant J.-C., les Skirites auraient participé au raid nocturne audacieux mené par les Grecs jusque dans le camp perse lui-même.

Là, faisant preuve de ce que l’on décrirait aujourd’hui comme des capacités de commando, ils seraient parvenus à pénétrer profondément dans le camp perse, à tuer deux des frères de Xerxès, et à s’approcher tout près de la tente même du roi de Perse.

À travers ces récits, Diodore établit clairement que les Skirites n’étaient pas de simples fantassins de ligne, mais une compagnie d’élite, flexible, tout à fait comparable, sur le plan fonctionnel, à ce que nous appellerions aujourd’hui des commandos.

Ils représentaient le « dernier espoir », ou l’« atout maître », du roi spartiate, lorsqu’il s’agissait de changer le cours d’une bataille.

Quant à ce que l’histoire des Skirites peut nous enseigner aujourd’hui, je crois que leur caractère militaire et stratégique offre des leçons intemporelles, en résonance directe avec la géopolitique moderne et les conflits mondiaux contemporains.

La nécessité de la flexibilité face à la masse : les Skirites ne l’ont pas emporté grâce à une supériorité numérique, mais grâce à leur vitesse, leur entraînement spécialisé et leur autonomie.

Aujourd’hui, dans les conflits modernes, des forces conventionnelles massives et lourdes coexistent de plus en plus, et sont souvent complétées, par de petites unités commando hautement mobiles, des drones et des forces spéciales.

La capacité à frapper un ennemi avec précision et à se déplacer rapidement peut se révéler plus décisive que le nombre pur de soldats.

Diodore souligne que les Skirites étaient envoyés partout où la ligne de bataille se trouvait sous pression, afin d’en modifier l’équilibre.

Aujourd’hui, les alliances de défense modernes, telles que l’OTAN et les structures de sécurité européennes, accordent une importance considérable aux Very High Readiness Joint Task Forces (VJTF). La capacité d’une force à se déployer en quelques heures vers un front menacé peut être décisive pour la dissuasion en cas de crise.

Les Skirites n’étaient pas des citoyens spartiates. Ils étaient périèques, habitants d’une région montagneuse et particulièrement exigeante, à qui Sparte confiait un rôle militaire de premier plan.

Sur l’échiquier géopolitique actuel, les grandes puissances s’appuient souvent sur des partenaires locaux, spécialisés, qui connaissent intimement le terrain et possèdent une forte motivation à défendre leur propre région.

Cela démontre que l’intégration des savoirs locaux et des particularités régionales peut se révéler stratégiquement essentielle.

Et enfin, je crois que leur relation avec Sparte nous rappelle, d’une manière assez intéressante, le principe qui sous-tend l’article 5 du Traité de l’Atlantique Nord : la défense collective.

Une attaque contre un allié, même contre l’un des États géographiquement les plus exposés en périphérie, tels que les pays baltes, est considérée comme une attaque contre tous, déclenchant la réponse collective de l’Alliance.

En ce sens, l’histoire des Skirites porte un message qui demeure remarquablement actuel : ce n’est parfois pas la taille de la force qui détermine l’issue, mais sa disponibilité, sa flexibilité, son courage et son engagement absolu envers sa mission.

Équipe technique sur le tournage de « Skirites the Elite Force of King Leonidas »
Selon l’UER (Union européenne de radio-télévision), vous êtes « l’un des meilleurs vidéastes d’Europe ». À ce titre, quel message souhaiteriez-vous transmettre à notre public ?

Une reconnaissance venant d’une organisation aussi prestigieuse que l’UER est un immense honneur, mais elle crée surtout une responsabilité profonde envers le public.

En tant que réalisateur et directeur de la photographie, je crois que la caméra n’est pas simplement un outil pour enregistrer la réalité ; c’est un pont vers l’empathie.

J’ai commencé ma carrière comme cadreur d’actualités à l’ERT. Pendant 25 ans, j’ai couvert toutes sortes de reportages et d’actualités, en Grèce comme à l’étranger, toujours avec une immense passion et un immense engagement.

Au cours des 14 dernières années de ma carrière, j’ai également travaillé comme directeur de la photographie à l’ERT, la radio-télévision publique grecque.

Le message que je souhaite transmettre est que, dans une époque saturée d’images fugaces, notre responsabilité est de rechercher la vérité et l’authenticité dans chaque plan.

Chaque image doit respecter l’intelligence du spectateur, raconter une histoire avec clarté, et créer une émotion sincère.

Suivez votre cœur et croyez fermement en ce que vous faites.

Cette distinction, tout comme la reconnaissance unique que j’ai reçue au World Film Festival in Cannes (WFF in Cannes), revient à part égale à l’ensemble de mes collaborateurs.

Le cinéma et la télévision sont, avant tout, des arts collectifs. Et lorsque tout est créé dans le respect mutuel, la passion et l’amour de ce que l’on fait, le résultat peut devenir véritablement magique et conduire, en définitive, à une reconnaissance internationale.

C’est là, pour moi, la plus grande récompense : non pas simplement créer une image, mais créer, ensemble, quelque chose capable de voyager au-delà des frontières et de toucher des gens partout dans le monde.

Préparatifs de tournage de « Skirites the Elite Force of King Leonidas »
« Deux mondes s’entrechoquent : l’Orient et l’Occident. » Cette phrase de votre documentaire est si poignante qu’elle mérite un commentaire. Qu’en pensez-vous ? Et pour finir : si vous aviez une baguette magique, qu’invoqueriez-vous en ce monde ?

La phrase « Deux mondes s’entrechoquent : l’Orient et l’Occident » n’a pas été choisie au hasard pour le documentaire. Mon objectif, en tant que réalisateur, n’était pas d’enregistrer une simple confrontation géographique ou politique, mais bien une lutte plus profonde, existentielle, qui se répète tout au long de l’histoire humaine.

Si l’on regarde le passé, depuis l’époque de la Sparte antique et des guerres médiques jusqu’aux recompositions géopolitiques de notre temps, on constate que les défis changent de visage, mais que les valeurs fondamentales demeurent intemporelles. La liberté, la justice, la dignité humaine et le respect de la différence ne sont pas des acquis. Ce sont des valeurs qui, comme alors, doivent être protégées chaque jour. L’histoire nous enseigne que lorsque l’équilibre de ces valeurs est rompu, le conflit devient inévitable. La caméra devient alors un outil pour rappeler précisément cette responsabilité au spectateur.

Et maintenant, la « baguette magique »… Si j’avais le pouvoir de faire naître quelque chose en ce monde, ce ne serait ni un bien matériel, ni une paix géopolitique utopique imposée d’en haut.

Je créerais un miroir universel de l’empathie.

Je créerais un moyen pour chaque « monde », qu’il soit oriental ou occidental, de voir clairement à travers les yeux de l’autre. De comprendre les peurs, les espoirs et les racines de l’autre.

Nous resterons toujours des mondes différents, pour bien des raisons. Mais à un moment donné, nous devons apprendre à vivre ensemble en paix, dans le respect des valeurs et le respect mutuel.

Nous devons cesser de laisser une personne, deux personnes, quelques personnes, aussi nombreuses soient-elles, décider à notre place sur la base de l’hostilité et de la haine. Nous devons trouver le chemin de la compréhension et du dialogue, plutôt que d’accepter de continuer sur la voie de la destruction mutuelle.

En tant que cinéaste, c’est ce que j’essaie de faire à chaque image : abattre les murs des préjugés et tourner l’objectif vers notre destin humain commun.

Si nous pouvons apprendre à voir « l’autre » non pas comme une menace, mais comme une partie de la même histoire humaine, alors peut-être que nos mondes cesseront de s’entrechoquer et commenceront enfin à se parler.

C’est peut-être là que réside la vraie magie : non pas changer le monde d’un coup de baguette, mais changer notre regard les uns sur les autres.

Spiros Fren récompensé au World Film Festival in Cannes pour « Skirites the Elite Force of King Leonidas »
Si vous aviez un surligneur et une gomme, que mettriez-vous en lumière, et que diminueriez-vous ou effaceriez-vous, dans votre carrière ou vos projets ?

Quelle merveilleuse question, vraiment…

En tant qu’êtres humains, et surtout en tant qu’artistes et créateurs, mais aussi simples observateurs de la vie, du quotidien, et de tout ce que nous accomplissons au fil de notre parcours, nous revenons inévitablement, à un moment ou à un autre, à cette question :

Qu’effacerions-nous ? Que changerions-nous ? Que ferions-nous différemment si nous pouvions remonter le temps ?

Eh bien, après mûre réflexion et un profond examen personnel, si vous me donniez l’occasion de faire ce voyage dans le temps, je vous le dirais en toute honnêteté :

Je ne changerais rien.

Et certainement pas par arrogance ou par ego. Bien au contraire. J’ai commis de nombreuses erreurs dans ma vie.

Il y a eu des échecs personnels, des moments difficiles, des décisions que je verrais peut-être différemment aujourd’hui, des déceptions, et des chemins qui n’ont pas toujours été faciles à parcourir.

Mais si je retirais ne serait-ce qu’un seul fragment de tout cela, peut-être ne serais-je pas la personne et le créateur que je suis aujourd’hui.

Car la vie, comme un film, n’est pas faite uniquement de belles scènes. Elle est aussi faite de silences, de rebondissements, d’erreurs, de moments sombres et de plans difficiles qui nous obligent souvent à changer de perspective, à regarder à nouveau le même cadre, et à y découvrir quelque chose que nous n’avions pas vu auparavant.

Si je n’avais pas traversé toutes ces difficultés, ces revers personnels, ces erreurs et ces problèmes, je ne serais jamais parvenu aux grands succès qui sont venus ensuite.

Et l’un de ces succès, sans aucun doute, est l’expérience unique que vous m’avez offerte à travers votre merveilleux World Film Festival in Cannes, le WFF.

C’est pourquoi, lorsque je regarde en arrière aujourd’hui, je ne veux pas effacer les moments difficiles. Je veux les garder, chacun d’entre eux.

Parce qu’ils faisaient eux aussi partie du voyage.

Peut-être que, finalement, la vie ressemble davantage au montage d’un film qu’à toute autre chose. Il y a des scènes que l’on aurait préféré ne jamais avoir tournées. Il y en a d’autres que l’on aurait voulu éclairer différemment. Mais lorsque, à la fin, on assemble tous ces plans, on réalise que chaque scène était nécessaire à l’existence du film final.

Et ceci est mon film.

Avec ses moments lumineux et ses moments sombres, ses victoires et ses défaites, les personnes qui sont restées et celles qui sont parties, ses erreurs et ses instants de justice retrouvée.

Et si vous me demandez aujourd’hui, en ayant la possibilité de remonter le temps, ce que je changerais ?

Rien.

Parce que peut-être que même nos erreurs font, en définitive, partie du chemin qui nous mène exactement là où nous sommes destinés à aller.

Spiros Fren et son équipe récompensés au World Film Festival in Cannes
Pouvez-vous nous parler de vos projets à venir ?

Mes prochains projets en sont encore au stade de la planification. Je peux néanmoins d’ores et déjà vous dire que, à la suite de notre grand succès dans votre merveilleux festival, je sens que de nouveaux chemins s’ouvrent devant nous.

Le parcours international de The Skirites et la reconnaissance qu’a reçue le film ont créé de nouvelles opportunités et, surtout, nous ont rapprochés de personnes issues du monde des affaires, qui ont vu, compris et apprécié à la fois l’œuvre elle-même et son parcours remarquable. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir à mes côtés des sponsors et des partenaires issus de différents secteurs, des personnes qui croient en l’idée de franchir la prochaine étape et qui souhaitent la franchir avec nous.

Et cette prochaine étape est un rêve que je porte depuis de nombreuses années : un documentaire aussi ambitieux que magnifique sur Alexandre le Grand.

Ainsi, notre prochain voyage cinématographique, si tout se déroule comme nous l’avons prévu, nous conduira en Macédoine, sur les terres du grand chef militaire, Alexandre le Grand. Sur les terres où Alexandre est né et a grandi.

J’espère sincèrement que mon équipe, forte et dévouée, et moi-même parviendrons à créer un documentaire à nul autre pareil. Nous voulons raconter cette histoire à travers le même langage cinématographique que celui suivi pour The Skirites : avec des images puissantes, de l’émotion, de la recherche et des reconstitutions historiques, mais surtout avec amour, respect et passion pour l’histoire.

Car c’est ainsi que je sais créer. Je ne veux pas simplement présenter l’Histoire. Je veux que le public ait le sentiment de la traverser.

Et c’est précisément cette manière de créer, avec passion, authenticité et amour du sujet, qui nous a menés à notre grand succès avec The Skirites.

Et si tout se met en place comme nous en rêvons et comme cela devrait être, alors je crois qu’il ne faudra pas longtemps avant que nous nous retrouvions.

Peut-être de nouveau à Cannes.

Soirée de gala du World Film Festival in Cannes — récompense de « Skirites the Elite Force of King Leonidas »
Quelle est votre vision du cinéma de l’après-Covid ?

Après la pandémie de COVID-19, l’humanité tout entière a traversé l’un de ses plus grands défis. Nous avons souffert, mais nous avons tenu bon. Nous en sommes sortis marqués, mais ces cicatrices nous rappelleront pour toujours que, unis, nous sommes capables d’accomplir des choses extraordinaires et de surmonter même les plus grandes épreuves.

Le cinéma, les arts et la culture n’en sont pas sortis indemnes. Notre propre film a connu des retards incroyables et d’innombrables obstacles avant d’être enfin achevé et d’avoir l’honneur de rejoindre votre merveilleux festival.

Et pourtant, nous avons réussi.

La culture, c’est l’humanité elle-même. Sa destinée est de rester debout, quelles que soient les difficultés ou les adversités qu’elle rencontre. C’est aussi ma réponse à votre question.

Ma vision de l’après-COVID est celle de l’optimisme et de la détermination. Je crois que nous avancerons avec une force encore plus grande. Nous accorderons à tout ce que nous avons vécu le sérieux qu’il mérite, nous en tirerons les leçons, et nous serons mieux préparés à affronter les défis à venir.

Tant qu’il existera des personnalités aussi inspirantes que Mme Karolina Bomba, notre confiance en l’avenir du cinéma et de la culture n’en sera que renforcée.

En réunissant d’exceptionnels cinéastes venus du monde entier au sein du festival remarquable qu’elle a imaginé et créé, elle a bâti une plateforme unique, qui inspire la créativité, encourage l’excellence artistique et favorise les échanges culturels entre les continents.

Au nom de moi-même et de toute mon équipe de production, je tiens à exprimer notre sincère gratitude à Mme Karolina Bomba pour le grand honneur d’avoir fait partie d’un événement aussi prestigieux que le World Film Festival in Cannes, et tout particulièrement pour avoir désigné notre film Winner. C’est une distinction que nous chérirons toujours, et nous lui sommes profondément reconnaissants pour cette reconnaissance inoubliable.

BIO

Biographie de Spiros George Fren

« Cannes est, après tout, synonyme du mot « rêve » pour tout créateur, artiste, réalisateur ou producteur. »

Spiros George Fren est réalisateur, monteur, directeur de la photographie et cadreur grec, fort de plus de 37 ans d’expérience à l’ERT, la radiotélévision publique hellénique. Diplômé de l’Académie de cinéma L. Stavrakos, à Athènes, il a exercé comme directeur de la photographie, cadreur ENG et cadreur de studio, tout en dirigeant les unités mobiles d’actualités de l’ERT.

Au fil de sa carrière, il a couvert de grands sommets politiques, des conflits internationaux, des actualités de premier plan et plusieurs éditions des Jeux olympiques. Son travail l’a conduit sur des zones de guerre en Irak, au Koweït, en Albanie, en Israël et en Cisjordanie, ainsi que lors de grands événements sportifs et culturels, dont les Jeux olympiques, l’UEFA Euro 2004 et le Concours Eurovision de la chanson.

Il a collaboré avec des diffuseurs internationaux tels que la BBC, CNN, ZDF, la RAI, la TVE et l’UER, et a filmé d’éminents dirigeants politiques, cinéastes, artistes et musiciens. Son travail de documentariste et de directeur de la photographie a reçu plusieurs distinctions en Grèce, notamment pour la série acclamée Sports Stories.

Outre la réalisation et la direction de la photographie, il maîtrise le montage vidéo, l’éclairage, le pilotage de drone et la grue Jimmy Jib. Sa carrière se distingue par une forte sensibilité visuelle, une riche expérience internationale et la capacité à travailler dans des environnements exigeants et sous haute pression.

Portrait de Spiros Fren, réalisateur de « Skirites the Elite Force of King Leonidas »
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